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A la source de l’antique, la collection Sergei Tchoban

Exposition à l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts


Architecte et dessinateur reconnu, Sergei Tchoban a choisi de présenter cet automne à Paris dans le cadre prestigieux du cabinet Jean Bonna de l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts une partie de sa collection de dessins d’architecture inspirés de l’Antiquité.

D’origine russe, Sergei Tchoban s’est intéressé très tôt à la période du retour à l’Antique au cours de laquelle Saint-Pétersbourg, sa ville natale, a trouvé sa forme actuelle. Ainsi, il collectionne depuis une dizaine d’années des feuilles réalisées entre le milieu du XVIIIe siècle, moment de la redécouverte de l’Antiquité romaine et grecque, jusqu’au milieu du XIXe siècle qui voit l’apogée du style néo-classique en Europe centrale et orientale.

Dans la foulée des expositions du Louvre sur l’Antiquité rêvée ou du musée Cognacq Jay sur le paysage de Tivoli au XVIIIe siècle, notre manifestation rend compte de l’engouement des artistes et des architectes pour l’Antiquité qu’ils transforment et magnifient dans de superbes projets architecturaux.

Fascinés par Rome, les artistes découvrent les richesses du Forum qu’ils nous décrivent sous différentes facettes comme en témoignent l’extraordinaire vue panoramique de Pierre-François-Léonard Fontaine. Certains artistes, comme Thomas de Thomon ou Hubert Robert, adaptent ce monde antique et le réinterprètent dans un contexte plus contemporain.

Cette Antiquité sert de support à l’imagination des artistes. Elle donne naissance aux étonnantes recréations de la Rome impériale qui naquirent dans l’esprit de Giambattista Piranèse. Deux feuilles réalisées par Challe et Petitot, illustrent chacune, combien la vision du maître vénitien a marquée toute l’Europe des Lumières, de Paris à Turin et jusqu’à Saint-Pétersbourg.

L’exposition illustre également la manière dont décors de scène et de fête servirent à diffuser les modèles antiques en Europe, que ce soit chez Pietro Gonzaga, Carlo Marchionni ou encore Louis-Jean Desprez. L’Antiquité révélée, imaginée, sert également de source d’inspiration lorsqu’il s’agit de concevoir des édifices monumentaux. Le théâtre de Marseille dont Claude-Nicolas Ledoux propose un projet ; la banque d’Angleterre, par Sir John Soane.

C’est à la source de cette Antiquité que les architectes de Saint-Pétersbourg se sont abreuvés. Les premières vues urbaines, les vedute venues d’Italie, naissent dans la nouvelle capitale russe. L’exposition en présente quelques remarquables exemples. Six dessins de Giacomo Quarenghi permettent également d’admirer pour la première fois à Paris la diversité des talents de l’architecte majeur du néo-palladianisme russe, ce style né de la réinterprétation de l’Antique par le plus célèbre des architectes vénitiens du XVIe siècle et qui servit de fondement à la Saint-Pétersbourg du XIXe siècle.

Ainsi, l’exposition d’une partie des dessins de la collection de Sergei Tchoban permet d’illustrer magistralement les rapports complexes et fascinants que les architectes et les artistes issus des Lumières entretiennent avec le patrimoine de l’Antiquité, et cela de Rome à Saint-Pétersbourg.

Informations pratiques
Dates : du 27/10/2011 au 20/01/2012, de 13h à 18h du lundi ou vendredi.
Lieu : Cabinet des dessins Jean Bonna, Beaux-arts de Paris, 14 rue Bonaparte, Paris 6e.