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BnF Richelieu : un projet en questions.

Colloque : INHA, lundi 5 et mardi 6 juillet 2010, auditorium Colbert


Présentation de J.-F. Cabestan

Deux journées consacrées au projet de restructuration du Quadrilatère Richelieu se tiendront à l’Institut national d’histoire de l’art. Historiens, praticiens, spécialistes de l’intervention sur l’existant et amateurs sont attendus. Quinze ans après l’ouverture de la Bibliothèque nationale de France à Tolbiac, le projet de restructuration de ce que l’on appelle désormais le Quadrilatère Richelieu où les travaux viennent de démarrer va profondément modifier l’économie architecturale du site. Si l’opération placée sous la responsabilité conjointe des architectes Bruno Gaudin et Jean-François Lagneau (ACMH), intègre la restauration de la salle de lecture et des célèbres magasins métalliques de Labrouste, la révision de la distribution de l’édifice et de sa programmation s’ac compagne d’un nombre important de démolitions, de réaménagements et d’adjonctions.

La presse s’est largement fait l’écho de l’émotion patrimoniale suscitée par ce projet, l’un des plus importants lancés par le ministère de la Culture ces dernières années, quoique l’un des moins débattus au moment de sa programmation. Paru dans Le Monde des 7-8 mars 2010, l’article de Florence Evin « La rénovation contestée de la BNF Richelieu » relatait les différentes prises de position. Dans Le Figaro du 22 avril, l’article « BNF : l’avenir de l’escalier en suspens » qu’a signé Claire Bommelaer affirme qu’à la demande du Ministre de la Culture, une modification du projet pourtant entériné par la Commission nationale des Monuments historiques serait actuellement à l’étude.

La richesse des stratifications que présente le quadrilatère dans son état actuel témoigne de la continuité des talents qui s’y sont succédé : François Mansart, Robert de Cotte, Henri Labrouste, Jean-Louis Pascal et Michel Roux-Spitz, pour ne citer que les plus célèbres. Ce concentré de la pensée architecturale occidentale sur près de quatre siècles au profit d’une œuvre toujours plus riche, savante et complexe est aussi précieuse aux yeux des spécialistes qu’inaccessible et inconnue du grand public. Protégé au titre des Monuments historiques, l’escalier d’honneur de Pascal peut-il être sacrifié sans raison impérative ? Très malmené dans les années 1980, le hall de Labrouste doit-il souffrir d’être étiré pour former la circulation majeure du nouvel établissement projeté ?

Afin que l’évolution de cet ensemble de premier ordre s’enrichisse de l’intelligence que les meilleurs connaisseurs peuvent en avoir, deux journées d’études se tiendront à l’Institut national d’histoire de l’art. Historiens, praticiens, spécialistes de l’intervention sur l’existant et amateurs sont attendus.